Evacuation de la « jungle » de Calais dans la violence et la confusion

LE MONDE | 01.03.2016 à 06h45 • Mis à jour le 01.03.2016 à 11h31 | Par Maryline Baumard

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/03/01/l-evacuation-du-bidonville-de-calais-commence-dans-la-violence-et-la-confusion_4874083_1654200.html

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Un policier anti-émeute jette des gaz lacrymogènes le 29 février 2016 à Calais.

Deuxième jour d’évacuation de la « jungle » de Calais : mardi 1er mars, la destruction par la préfecture des abris de fortune où vivent plusieurs milliers de migrants en attente d’un passage en Grande-Bretagne, devait continuer et concerner un nouveau périmètre. « Nous mettons en place le même dispositif que lundi et poursuivrons notre mission les jours suivants », indiquait la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, au Monde, lundi soir. Arguant que l’Etat « offre ainsi une solution humanitaire » à chaque migrant, elle entend bien mener à terme la destruction de l’habitat précaire, pour ne garder que 2 000 personnes, même si les images de la première journée ont suscité l’indignation.

Tirs de grenades lacrymogènes, explosions de bouteilles de gaz dans des cabanes en feu, cris et mouvements de foule… A partir de 15 heures, lundi, le chaos et la violence se sont installés dans la partie sud du bidonville. Celle-là même que l’Etat est en train de démanteler puisque le tribunal administratif y a autorisé, le 25 février, la destruction des cabanes, à l’exception des lieux de vie collectifs.

Pierre contre gaz

Pour Maya Konforti, de l’association L’Auberge des migrants, présente dans la « jungle » depuis 8 heures du matin, la confusion s’est installée « lorsqu’une grenade lacrymogène tombée sur une cabane l’a enflammée ». Ensuite, le ton est monté, des pierres ont été lancées par des jeunes migrants et les CRS ont riposté à coups de gaz. Pour contrer les charges successives des policiers, et ralentir leur avancée...

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Un policier anti-émeute jette des gaz lacrymogènes le 29 février 2016 à Calais.

Evacuation de la « jungle » de Calais dans la violence et la confusion

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Le démantèlement de la zone sud de la « jungle » de Calais a repris, des incendies signalés

Le Monde.fr avec AFP | 01.03.2016 à 12h22 • Mis à jour le 01.03.2016 à 15h54

Vidéos sur le lien web:

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/03/01/le-demantelement-de-la-zone-sud-de-la-jungle-de-calais-a-repris_4874441_1654200.html

L’évacuation partielle de la « jungle » de Calais se poursuit. Après un premier jour émaillé de violences, les opérations de démantèlement de la zone sud du camp de migrants ont repris, mardi 1er mars.

Si la matinée a été calme, des incendies ont été signalés en milieu d’après-midi par plusieurs journalistes présents sur place, rappelant le scénario de la veille.

Une vingtaine d’ouvriers de la société Sogéa mandatée par l’Etat, vêtus de gilets orange, sont affairés depuis le début de la journée à déblayer le terrain des abris de fortune laissés vides, dans un nouveau périmètre de la zone sud jouxtant celui où ils étaient intervenus lundi. Cette zone est vouée à l’évacuation à la suite d’un jugement du tribunal administratif de Lille jeudi dernier. Une pelleteuse a ainsi détruit une caravane vide à l’intérieur de ce périmètre, sous protection d’un cordon de CRS et le regard d’une cinquantaine de migrants.

Lire aussi :   Pourquoi les migrants de Calais boudent les centres d’accueil et d’orientation prévus pour eux

« Votre abri va être détruit »

Les équipes de maraudes sociales ont précédé l’arrivée des ouvriers, tentant de convaincre les migrants de quitter les lieux : « Vous devez partir, votre abri va être détruit », expliquait l’un de ses membres à un groupe de migrants soudanais. Ceux-ci étaient toutefois peu enclins à rejoindre l’un des 102 centres d’accueil et d’orientation (CAO) disséminés partout en France, ou à emménager dans le centre d’accueil provisoire (CAP), des conteneurs chauffés en périphérie de la « jungle ». Lundi, 43 migrants répartis en deux bus ont toutefois été acheminés vers deux CAO près de Bordeaux et Montpellier, selon la préfecture.

Le début du démantèlement avait été marqué par une série de violences depuis le début d’après-midi jusqu’en soirée, notamment des heurts entre migrants, militants du réseau No Border radicalement opposé aux politiques de contrôle de l’immigration et forces de l’ordre.

Entre 19 heures et 20 heures, environ 150 migrants, certains armés d’une barre de fer, s’étaient ainsi introduits une heure durant sur la rocade portuaire jouxtant la « jungle » de Calais, lançant des pierres ou tapant sur des véhicules en partance vers l’Angleterre.

Lire aussi :   Supprimer la « jungle » de Calais ne fera pas disparaître les migrants

Nuit calme

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a réagi à ces violences mardi dans un communiqué :

« L’activisme d’une poignée de militants no border extrémistes et violents n’y changera rien (…). Cette opération va se poursuivre dans les jours qui viennent avec calme et méthode, en offrant une place à chacun, comme le gouvernement s’y est engagé. »

La nuit de lundi à mardi a été cependant calme, selon des sources concordantes. « Nous avons comptabilisé des regroupements de migrants à plusieurs reprises le long de la rocade, mais de manière sporadique et sans violence », a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais. Des informations confirmées de source policière.

La zone sud de la « jungle », le plus grand bidonville de France, compte entre 800 et 3 450 habitants selon les sources.

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Calais: Destruction du bidonville : autres soutiens

 

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Alors que la police investit à nouveau le bidonville de Calais ce matin depuis 8h15 pour une nouvelle journée de destruction (voir ici, ici et ), les manifestations de soutien se multiplient :

Londres – mardi 1er mars à 19h30 (heure anglaise) :

Manifestation devant l’Institut Français, 17 Queensberry Place, London SW7 2DT

Appel (en anglais) et détail ici :

https://www.facebook.com/events/1565841643742923/

Nantes – mardi 1er mars à 18h00 :

« Appel à ce rassembler devant la préfecture de Nantes, mardi 1er mars à 18h.

Des expulsions massives ont repris à Calais, les bulldozers ont détruits des cabanes aujourd’hui entourés de leur armada de CRS »

Préfecture de Loire atlantique, 6 quai Ceineray https://goo.gl/maps/v7LpxJvuVbn

https://nantes.indymedia.org/events/33507

Appel du Réseau Éducation Sans Frontières :

http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article53897&id_rubrique=43

« Jungle de Calais, l’urgence

Alors que Cazeneuve avait fait mine de s’engager à ce que l’évacuation de la zone sud de la Jungle de Calais soit progressive et sans violences, des bulldozers escortés de dizaines de CRS sont entrés en action ce matin, lançant des lacrymos sur les migrants qui n’évacuent pas assez vite. Plusieurs habitations ont été incendiées. On reconnait là le style de Cazeneuve : des grands mots dont on se demande s’il les comprend, de l’onction, une hypocrite rondeur et, dans les faits, la brutalité de trop de ministres de l’Intérieur de Sarkozy à Valls en passant par Guéant.

Ci-dessous un message de l’une des associations calaisiennes qui viennent en aide aux migrants. A lire absolument ! A lire également les liens vers lesquels elle renvoie.
Et ensuite…
Pour faire savoir ce que vous pensez de leur politique à ceux qui décident :
Préfète du Pas-de-Calais : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Téléphone 0321212002 et 0321212003
Sous préfet de Calais : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Et là où se prennent les décisions :
Elysée
Secrétaire général : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Directeur de cabinet : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Secrétaire g-al adjoint : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Matignon :
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
chef de Cabinet : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Ministère de l’Intérieur : 01 40 07 60 60 demander la Conseillère immigration Magali Charbonneau Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Dircab : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Dircab adjoint : tCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. »

 

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Destruction du bidonville : manifestations de soutien

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Alors que la destruction de la moitié sud du bidonville de Calais a commencé dans la violence (voir ici, ici, ici, ici et ), des manifestations de soutien s’organisent.

La première a eu lieu à Londres aujourd’hui, à 18h heure anglaise, à l’initiative de Stand Up To Racism, devant les bureaux du premier ministre, 10 Downing street, pour rappeler la responsabilité britannique dans la situation de ce côté-ci de la Manche.

https://www.facebook.com/events/557341284391111/

Un rassemblement et une manifestation sont également prévues à Paris :

Rassemblement ce mardi 1er mars à 18H00 Place de la République.
Manifestation ce vendredi 4 mars à 18H00 à partir de la Gare du Nord.

Rally this tuesday 1st march in place de la République at 18.00.
Demonstrate on friday 4 march from Gare du Nord at 18.00.

Voici l’appel en français and in English :

https://paris-luttes.info/calais-brule-liberte-pour-les-4963

« Calais brûle : Liberté pour les migrants !

Appel à rassemblement mardi 1er mars et manifestation vendredi 4 mars suite à l’expulsion d’une partie de la Jungle de Calais.

Calais brûle : Liberté pour les migrants !

Ce lundi la police a commencé à détruire le camp de Calais. Nous, réfugiés à Paris, disons qu’il faut laisser les réfugiés décider par eux-mêmes et leur apporter des solutions.

Nous voulons que le gouvernement laisse les réfugiés à Calais, s’ils le veulent, aller en Angleterre. Si les réfugiés veulent rester à Paris pour obtenir l’asile ils devraient avoir leurs droits, ces choses qu’on nous a promises, un logement, des papiers et l’éducation.

Nous, réfugiés, sommes tous ensemble. Les réfugiés qui veulent aller en Angleterre et ceux ici.

Nous sommes désolés, nous n’aimons pas dire cela mais nous dormons dans les rues. Nous ne reculerons jamais sur nos droits.

Nous voulons être traités comme des êtres humains. Nous nous sentons mal parce que nous vivons dans les rues et les parcs. Nous sommes des êtres humains. Est-ce que quelqu’un peut le dire au gouvernement ?

Nous allons faire des manifestations pacifiques sur la situation des réfugiés à Calais.
Nous appelons tout le monde à venir avec nous pour soutenir les réfugiés à Calais et à Paris.

Rassemblement ce mardi 1er mars à 18H00 Place de la République.
Manifestation ce vendredi 4 mars à 18H00 à partir de la Gare du Nord.

Paris, 29 février 2016

ENGLISH VERSION

Calais is burning : Freedom for migrants !

This monday, the police began to destroy the camp of Calais. We, refugees in Paris, say that you should let the refugees to decide by themselves and give them some solutions.

We want the government to let the refugees in Calais, if they want, to go to UK. If they want to stay in Paris to make asylum, they should have their rights, the things that were promised to us, houses, papers and education.

We, refugees, are all together. The refugees that want to go to Britain and the ones, here. We are sorry, we don’t like to tell it but we are sleeping in the streets. We will never move back from our rights.

We want to be treated like human beings. We are feeling badly because we are living in the sreets and parks. We are human beings. Can someone say it to the government ?

We are going to do peaceful protests about the situation of refugees in Calais.

We call everybody to come with us and support the migrants, in Calais and Paris :

Rally this tuesday 1st march in place de la République at 18.00.
Demonstrate on friday 4 march from Gare du Nord at 18.00.

Paris, 29 february 2016 »

 

Je suis Calais

Destruction du bidonville : autres témoignages

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Les témoignages s’égrainent au fil de l’après-midi, témoignant de la violence qui monte et de la brutalité mise en œuvre par les autorités. Gazage, usage de flashball, canon à eau, matraquage.

« Un ami réfugié sur place me disait il y a 30mn qu’ils commençaient à se faire attaquer par les crs (coups, flashball, gaz lacrymogène). Il semble maintenant établi que les choses se fassent avec usage de la force, de façon violente. L’État s’assoit donc sur le jugement de référé et les recommandations de la juge ( démantèlement progressif, non recours aux forces de l’ordre). Ceci n’était qu’une façade dans le but de désamorcer les réactions des migrants. Il est fort possible qu’ils «travaillent» au finish pour terminer avant le résultat de l’appel devant le conseil d’État. »

« Gaz lacrymo à proximité de l’école et interdiction des CRS de mettre les enfants à l’abri dans l’école. »

« Ça gaze de partout
C’est horrible »

« De retour et encore choquée de la violence de cet après-midi!
On ne m’a pas laissée rentrer, une seule association avait droit de cité!
Pas de classe possible non plus… Zone à risques!
Une jeune garçon de 14 ans dont les parents étaient à l’hôpital ce matin s’est pris une grenade lacrymo sur la jambe, dommage collatéral certes mais quand même! Il y a des enfants!
Je ne possède apparemment pas le même vocabulaire que la préfète, de la « ferme douceur », je n’ai vu que la violence des jets de grenades lacrymo et du canon à eau.
Outrée et dégoûtée!. »

Une chronique de l’après-midi, sur le journal facebook de l’association Polyvalence :

https://www.facebook.com/assopolyvalence

« En direct de la Jungle < mises à jour régulières – quand on peut >

13 h :

Problème avec les portables : pas de batterie. On était à l’école du chemin des Dunes pour les charger mais l’électricité à été coupée.

L’accès de certaines parties de la Jungle est empêchée par les CRS. On a réussi à passer : il y a des CRS partout, ils sont armés et ils sont violents.
Ils poussent les migrants et les journalistes, jusqu’à les faire tomber.

Il y a des équipes de démantèlement qui défoncent les cabanes à coup de massue et de pieds de biche. Tout tombe par terre, complètement détruit.
(On leur a demandé si on pouvait les interviewer, certaines personnes sont venues nous voir pour nous dire qu’elles n’avaient pas le droit de nous parler.)
Pour protéger leurs abris, les migrants montent sur les toits.

Pourquoi d’un coup tout s’est accéléré alors que le gouvernement avait promis de ne pas utiliser la violence ?
Parce que les No Border ont empêché les maraudes qui allaient chercher les migrants « pacifiquement » pour les sortir de leurs abris. Mais il s’agit d’un prétexte, il y aurait eu une autre raison de toute façon et les CRS seraient venus.

Tout le monde est calme sauf les CRS, ils ont des lacrymos, la situation risque de se compliquer.
On filme avec la caméra donc on ne peut pas envoyer les images en direct.

Faites tourner, les images arrivent.

15h :

Plus de batterie dans les portables donc pas d’images pour le moment.
Les CRS envoient les lacrymos.
Il y a des enfants.
Les gens crient « peace peace peace », « we are family ».
Y a deux trois personnes qui lancent des pierres, mais les autres leur disent d’arrêter.
Les gens sont calmes.

15h45 :

Des rangées de CRS avec des boucliers, des camions de CRS aussi, toujours avec des boucliers. Derrière, les bulldozers sont en train de ramasser les débris des abris qui ont été cassés par les démanteleurs (en orange sur les photos). De l’autre côté de la Jungle, tout fonctionne, le coiffeur, les restos. Et dans la zone sud tout est en train d’être détruit progressivement. Les migrants attendent : ils ne savent pas où ils sont censés aller.

16h15 :

Charge de CRS.

16h20 :

Charge de CRS, lacrymos et tirs au flashball.

16h50 :

Grosse charge, 400 CRS, au moins deux fois plus de migrants.
On a pu se cacher dans une cabane et s’enduire le visage de savon anti-lacrymo.
Les migrants jettent les cabanes sur le chemin pour que les CRS ne puissent pas passer.
La situation est de plus en plus tendue.
Nouvelle charge.

17h00 :

Le camp est en feu : les migrants mettent le feu aux cabanes déjà détruites pour ralentir les CRS. Il y a des bouteilles de gaz dans les cabanes. Il y a de grosses explosions.
Les gens crient : « Human Rights, France de merde. »

17h40 :

Il y a des enfants, pas énormément. Les petits ont peur, ils restent avec les adultes. Les ados vont vers les CRS mais les adultes les canalisent.
Il y a eu les charges de CRS, les lacrymos tirées au fusil qui explosent sur les migrants, les cabanes en feu.
La tension baisse. La nuit va bientôt tomber, tout le monde reste sur ses gardes.

18h30 :

Le calme revient dans la zone sud. Le démantèlement a été fait à la main, les bulldozers sont restés derrières les CRS en prévention mais ce sont les équipes de démantèlement qui ont détruit les cabanes avec des massues, des pieds de biche, des disqueuses, etc, pas les bulldozers.
Les CRS ont chargé plusieurs fois dans l’après-midi. Il y a eu des tirs de lacrymos d’un côté et des jets de pierres de l’autre.
Les migrants ont mis le feu aux cabanes déjà détruites et/ou les ont poussées sur les chemins pour ralentir l’avancée des CRS.
Les personnes qui n’ont plus d’abris n’ont pas de solution d’hébergement.

19h00 :

Un groupe de migrants court vers l’autoroute.
Les CRS chargent.
Sur nous et des groupes qui ne font rien, ne bougent pas.
On est entre les jets de pierre et les tirs lacrymos.

La destruction des cabanes représente 100 personnes sans abris.
45 ont été envoyées dans les CAO.
On ne sait pas si les autres vont dans les containers et/ou les tentes bleues (les tentes de l’État).
La première cabane a été brûlée par les tirs des CRS.
Les migrants ont brûlé les autres. Mais après.
Un enfant de 13 ans a été embarqué ce matin par les CRS parce qu’il a jeté une pierre.

Des nouvelles quand on peut.

19h20 :

On s’est pris des pistolets lacrymo.
Les CRS tirent à bout portant.
Impossible de filmer.
On est sortis les mains en l’air en se faisant passer pour la presse.
Un bénévole de MSF a parlé avec les CRS ce matin et nous a dit qu’ils lui ont dit qu’ils ne savent pas vraiment ce qu’ils doivent faire.
Du coup ce soir ils tirent des lacrymos là où il y a des gens, sachant que là où il y a des gens, il y a des bouteilles de gaz et qu’il y a des risques d’explosion.
On se fait contrôler par les CRS là. »

 

Destruction bidonville 2016-02-29 3« Parents et enfant fuyant les gaz des CRS. Calais – France le 29/02/2016 »

Destruction bidonville 2016-02-29 4« Des abris prennent feu, les bénévoles sont la.avec les extincteur, certain contiennent des bouteilles de gaz. »

 

Bidonville : témoignages de l’expulsion

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Au fil des heures, les témoignages s’accumulent d’une expulsion (voir ici, ici et ) violente, de personnes chassées de leurs abris sous la menace des flashballs, des témoins tenus à distance.

Un message parmi d’autres, diffusé il y a une heure :

« En direct de la Jungle :

Problème avec les portables : pas de batterie. On était à l’école du chemin des Dunes pour les charger mais l’électricité à été coupée.

L’accès de certaines parties de la Jungle est empêchée par les CRS. On a réussi à passer : il y a des CRS partout, ils sont armés et ils sont violents.
Ils poussent les migrants et les journalistes, jusqu’à les faire tomber.

Il y a des équipes de démantèlement qui défoncent les cabanes à coup de massue et de pieds de biche. Tout tombe par terre, complètement détruit.
(On leur a demandé si on pouvait les interviewer, certaines personnes sont venues nous voir pour nous dire qu’elles n’avaient pas le droit de nous parler.)
Pour protéger leurs abris, les migrants montent sur les toits.

Pourquoi d’un coup tout s’est accéléré alors que le gouvernement avait promis de ne pas utiliser la violence ?
Parce que les No Border ont empêché les maraudes qui allaient chercher les migrants « pacifiquement » pour les sortir de leurs abris. Mais il s’agit d’un prétexte, il y aurait eu une autre raison de toute façon et les CRS seraient venus.

Tout le monde est calme sauf les CRS, ils ont des lacrymos, la situation risque de se compliquer.
On filme avec la caméra donc on ne peut pas envoyer les images en direct.

Faites tourner, les images arrivent. »

Bidonville : désamorçage, puis destruction

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Mardi 23 février, l’État donne au tribunal administratif de Lille un certain nombre de garanties lui permettant d’obtenir la validation de son ordonnance d’expulsion, moyennant un certain nombre de réserves et de restrictions, comme l’engagement de procéder de manière progressive (attendu 12, page 15).

Vendredi 26 février, les ministres de l’intérieur et du logement reçoivent quelques associations. S’il est officiellement question des « centres de répit », les ministres assurent que l’évacuation du bidonville sera bien progressive et sans violence. Il s’agit de recréer le consentement qui a permis deux des trois destructions partielles du bidonville, pour construire le camp de container, et pour créer un no-mans-land (pour reprendre le terme des autorités) au sud et à l’ouest.

Lundi 29 février, la police et les bulldozers sont là pour commencer la destruction. La communication officielle annonce que seules les tentes et cabanes vides seront détruites. Dans les faits, la police et les bulldozers font déguerpir les habitant-e-s, et les cabanes ainsi vidées sont détruites. L’accès est interdit aux bénévoles et aux associations. Des arrestations de bénévoles présents dans le bidonville, parce qu’ils ou elles y vivent ou y étaient venu-e-s avant l’arrivée de la police, sont signalées. C’est grâce aux téléphones qu’ils est possible de savoir ce qui se passe et d’avoir des images (voir ici, ici et ).

 

Destruction bidonville 2016-02-29 2

Destruction bidonville 2016-02-29Photos prises par un bénévole présent sur les lieux.

 

Bidonville : une bulle qui enfle autour d’une expulsion minorée

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Mardi 23 février, la Belgique (voir ici et ) rétablit pour un mois le contrôle de sa frontière avec la France près du littoral de la Mer du Nord, en raison de l’expulsion annoncée de la moitié sud du bidonville de Calais. Les contrôles sont mis en place dès le lendemain. Les autorités belges ne croient visiblement pas les autorités françaises ni quant au nombre d’habitant-e-s sur lequel elles communiquent pour la partie à évacuer du bidonville, ni quant aux mesures de relogement mises en avant.

Jeudi 25 février, la Commission européenne fait savoir à la Belgique qu’elle n’a pas respecté la procédure pour rétablir les contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen, et que leur rétablissement n’est pas fondé. Le ministre belge de l’intérieur doit rencontrer lundi 29 le commissaire européen en charge des migrations.

http://www.lalibre.be/actu/international/l-europe-accuse-la-belgique-de-violer-schengen-56d09edc3570e6ca6ade73c3

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/02/26/migrants-les-autorites-belges-veulent-eviter-une-nouvelle-jungle-pres-de-la-frontiere-francaise_4871973_1654200.html

Jeudi 25 février, sans attendre que quiconque ait eu le temps de lire et encore moins d’analyser le jugement rendu par le tribunal administratif de Lille sur l’expulsion et la destruction de la moitié sud du bidonville, l’État communique sur sa victoire et l’expulsion ainsi autorisée, semant le trouble dans les médias. Il faudra un communiqué de l’avocate des habitant-e-s et des associations pour montrer que les choses sont beaucoup plus nuancées.

Vendredi 26 février au petit matin, la police est présente en nombre autour du bidonville et bloque certains accès. Des représentants de la préfecture parcourent la partie sud en disant aux habitant-e-s qu’ils et elles ont deux jours pour quitter les lieux sous peine d’expulsion, au mépris du jugement rendu la veille. Mais leur tentative de semer la panique ne marche pas.

Vendredi 26 février : les ministres de l’intérieur et du logement invitent quelques associations pour le lancement d’un comité de pilotage national du dispositif des « centres de répit », ou centres d’accueil et d’orientation (CAO), ouverts un peu partout en France. Celui-ci est présenté comme la solution de relogement pour les habitant-e-s du bidonville, au mépris de la réalité qui est que les exilé-e-s viennent à Calais pour rejoindre le Royaume-uni. L’ouverture de nouvelles places est annoncée, ainsi que la pérennisation du dispositif, mais rien n’est dit sur le fait que la majorité des CAO ont été ouverts dans des centres de vacances qui vont reprendre leurs activités habituelles au printemps (au départ, le dispositif n’était prévu que pour la durée de l’hiver). Le ministre de l’intérieur réaffirme qu’il n’y aura plus à Calais que 2000 exilé-e-s, dans le camp de container et dans le camp Jules Ferry (voir ici et ), niant le nombre de personnes actuellement présentes, et les prévisions quant à l’augmentation du nombre d’exilé-e-s entrant en Europe en 2016. Il invite les associations à relayer sa politique et menace les « activistes », qu’il rend responsable de l’échec de sa politique, de poursuites pénales.

Vendredi 26 février : les habitant-e-s du bidonville font appel du jugement du tribunal administratif de Lille et saisissent le Conseil d’État.

En résumé, si le gouvernement n’a pas semé la panique dans le bidonville, il a réussi à aggraver la crise de l’espace Schengen due au manque de solidarité entre États européens pour l’accueil des exilé-e-s venu-e-s en plus grand nombre en Europe. Vous avez dit irresponsabilité ?

 

dppdmLe logo du réseau Des Ponts pas des Murs. Vous avez dit alternatives ?

 

 

Boulogne/Mer : double peine pour les exilés

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Après la manifestation du 23 janvier à Calais, des exilé-e-s suivis par d’autres participant-e-s à la manifestation étaient entré-e-s dans le port de Calais, et un groupe était monté sur un ferry en cours de déchargement. Vingt-six personnes avaient été arrêtées, et huit d’entre elles, quatre Afghans, deux Français, un Soudanais et un Syrien, comparaissaient lundi 22 février devant le tribunal de grande instance de Boulogne/Mer, les uns pour « [s’être introduits] frauduleusement sur un navire avec l’intention de faire une traversée de long cours ou de cabotage international », les autres (les deux Français) pour avoir « favorisé » la commission de ce délit.

Alors qu’aucun des huit accusés n’avait de domicile fixe, les Français ont été libérés sous contrôle judiciaire en attendant le procès, alors que les exilés ont été maintenus en détention. Pendant le procès, le juge a demandé aux exilés de s’asseoir dans selon l’ordre de leurs noms dans l’acte d’accusation, alors que ça n’a pas été demandé aux Français, comme si les uns étaient moins reconnaissables que les autres. La catégorie « migrants » a été très présente pendant le procès, notamment s’agissant de savoir quel était le critère d’identification des personnes qui ont été arrêtées, par rapport aux autres se trouvant encore sur le bateau, notamment les passagers qui n’étaient pas encore descendus, et la réponse a été qu’il était « évident » qu’il s’agissait du groupe de « migrants » – plutôt que de décrire de manière objective que les personnes entrées dans le port et montées sur le ferry s’étaient regroupées à tel endroit de celui-ci, témoignages à l’appui sur les mouvements du groupes. Or rien n’est moins évident que de définir des « migrants » en droit français.

La peine à laquelle ont été condamnés les Français a été individualisée de manière fine, après que le délit de facilitation ait été requalifié en contravention pour le fait d’être monté à bord sans ticket ni autorisation. L’un a eu une amende de 300 € avec sursit, l’autre de 300 € dont 150 € avec sursit, en raison d’un antécédent de conduite en état d’ivresse. Les six exilés ont par contre eu une peine uniforme, 1 mois de prison. Les questions portant sur leurs parcours et leur personnalité, qui auraient dû conduire à une individualisation des peines, ont été posées par les avocats, pas par le juge.

Mais le plus cynique était à venir. Ayant fait en détention préventive le mois de prison auquel ils venaient d’être condamnés, les six exilés ont été libérés. Et la police aux frontières les attendait à la sortie pour les arrêter. Le Syrien a été relâché sans rien, le Soudanais a été relâché avec une obligation de quitter le territoire français, les quatre Afghans ont été placés en rétention pour être expulsés dans divers pays européens. Deux d’entre eux ont déjà été expulsés en Italie, les deux autres sont encore en rétention.

 

Basilique léger

Bidonville : un jugement tout en nuances et ambiguïté

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Le tribunal administratif de Lille a rendu hier son jugement concernant l’expulsion et la destruction de la moitié sud du bidonville de Calais. Un jugement plus complexe que les premiers échos ne le laissent entendre, comme le montre le communiqué diffusé hier par Julie Bonnier, l’avocate des habitant-e-s et des associations.

Vous pouvez télécharger le communiqué de presse ici.

 

« COMMUNIQUE DE PRESSE

suite à l’ordonnance rendue par le juge des référés du Tribunal administratif de Lille en date du 25 février 2016.

La décision est longue et complexe. Il faut prendre le temps de l’analyser avant de se précipiter dans un container pour faire une conférence de presse sur une interprétation inexacte de la décision !

NOUS AVONS REMPORTÉ UNE PREMIÈRE VICTOIRE : l’exécution de l’arrêté est suspendue “en tant qu’elle porte sur les lieux de vie mentionnés dans les motifs de l’ordonnance jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité” (article 4 du dispositif).

Au point 12, le Tribunal administratif considère que l’arrêté qui prévoit l’évacuation des “tentes et abris” n’est pas de nature à causer une atteinte disproportionnée qui en justifierait sa suspension, le Juge retient cependant à cet égard -et c’est capital- que l’Etat s’est engagé à procéder à une évacuation progressive et qu’il y aura un regroupement des hébergements dans la zone Nord.

Il n’est donc plus question des termes de l’arrêté : “libérer la zone dite Sud de tous biens et toutes personnes (..) au besoin avec le concours de la force publique”.

Au point 13, qui est le point essentiel des motifs de la décision de suspension, le Juge constate l’existence d’aménagements “de manière pérenne des lieux destinés à offrir aux habitants de la zone [Sud] des services à caractère social ou culturel” et retient -pour cette raison- que l’exécution de la mesure doit être suspendue car le fait qu’elle porte “également sur ces installations est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la mesure”.

Cette notion de “lieux de vie”, nous dit l’ordonnance, est de nature à faire naître un doute sur la légalité de l’arrêté. Ce doute justifie pour le Juge que cet arrêté soit suspendu.

Or, ces lieux de vie sont définis dans la décision comme étant notamment les lieux de culte, une école, une bibliothèque, un abri réservé à l’accueil des femmes et enfants, des théâtres, espace d’accès au droit…”. Une telle définition n’est ni précise (aucun critère n’est indiqué) ni exhaustive (“notamment”), il est donc impossible en l’état de l’exécuter d’une quelconque manière que ce soit.

Nous ferons ce qu’il faut pour qu’au regard des avancées actées dans cette décision, l’ensemble des droits fondamentaux des exilés de Calais soit préservé.

Julie BONNIER »

 

 Louise-junglebooks légerJunglebooks, une bibliothèque au sein du bidonville. À proximité, des salles de classe et une radio. Dessin Loup Blaster http://loupblaster.tumblr.com

 

« Calais, déchéance de notre société »

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Rivesaltes. 1939, les Républicain-e-s espagnol-e-s y sont parqué-e-s dans un des camps qui sont ouverts par les autorités françaises dans le sud de la France. 2007, un centre de rétention est ouverte à deux pas, près de l’aéroport de Perpignan – Rivesaltes. 2016, les enfants et petits enfants de réfugié-e-s espagnol-e-s, qui célèbrent comme chaque année l’exil de 500 000 espagnol-e-s fuyant les armées franquistes, se rassemblent devant le centre de rétention, faisant le lien entre le passé et le présent de l’exil.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/pyrenees-orientales/rivesaltes/pyrenees-orientales-les-descendants-de-republicains-espagnols-rendent-hommage-aux-migrants-933147.html

Au moment où le tribunal administratif de Lille vient de valider la décision de détruire la moitié sud du bidonville de Calais et d’expulser ses 3500 habitant-e-s, nous reprenons ici, toujours pour alimenter la réflexion, après la lettre ouverte de huit associations de solidarité, la contribution de Camille Louis et Étienne Tassin, celle de Michel Agier, l’appel signé par 260 associations et personnalités, « La lettre que la Maire de Calais n’a pas écrite« , par Antoine Hennion et Sébastien Thiéry, du PEROU, un texte de Pierre Stamboul, de l’Union Juive Française pour la Paix, empli de résonances historiques.

http://www.ujfp.org/spip.php?article4744

« Calais, déchéance de notre société

jeudi 25 février 2016 par Pierre Stambul

Article écrit pour  » Émancipation »

Le temps des camps est revenu. Celui des déplacements obligés et des déplacements empêchés.

Dans la novlangue d’aujourd’hui, on ne dit plus « camps », ça évoquerait de mauvais souvenirs. Alors on appelle ça la « jungle » comme si celles et ceux qui arrivent à Calais étaient des bêtes sauvages qu’il faut enfermer, contrôler, ballotter, criminaliser. Dans la vraie jungle, il arrive qu’on tue les animaux. On meurt aussi à Calais qui n’est même pas la fin d’un voyage sans issue.

6 juillet 1938 : ouverture de la conférence d’Évian. Les pays occidentaux débattent d’un problème grave : « que faire des centaines de milliers de Juifs chassés d’Allemagne et d’Autriche par les Nazis » ? La réponse sera unanime : rien. Ni accueil, ni visa, ni aide ! Mais déjà à l’époque les camps, la clandestinité, la fuite sans fin.

26 janvier 1939 : prise de Barcelone par les troupes franquistes. La « Retirada » s’amplifie. Par dizaines de milliers, les réfugiés espagnols et les combattants des Brigades Internationales arrivent en France. Où les mettre ? Dans des camps qu’on n’appelle pas encore « de concentration » dont les plus célèbres seront Gurs, Argelès, Rivesaltes ou Saint-Cyprien. C’est là que les Nazis viendront les cueillir.
Aujourd’hui, on célèbre des personnages splendides comme Varian Fry qui sont venus en aide à des proscritEs ne sachant pas où aller et abandonnéEs. Les Varian Fry d’aujourd’hui aident les réfugiéEs de Calais. Et ils/elles sont jugéEs. Rob Lawrie a été traîné en justice pour avoir essayé d’aider une fillette afghane voulant rejoindre sa famille.

La logique des camps, c’est d’enfermer les victimes qui sont considérées comme des coupables. Ou de les disperser pour qu’on ne les voit plus.

Qui a mis à feu et à sang le Moyen-Orient et le monde arabe avec les invasions de l’Afghanistan, de l’Irak ou de la Libye ? Qui arme les pays qui ont financé et fabriqué Daesh ? Qui soutient un modèle économique qui condamne de nombreux pays au sous-développement ? Qui a fabriqué le système de la Françafrique ? Les gens qui arrivent à Calais avec l’espoir fou que la Grande-Bretagne sera leur eldorado sont avant tout les victimes du capitalisme mondialisé.

Le gouvernement français se dit solidaire du peuple syrien face à sa dictature. Il traite les réfugiéEs syrienNEs comme des bêtes : expulsions, enfermement, refus d’accorder le droit d’asile. C’est la politique du bulldozer et de la bonne conscience. Dans sa grande « humanité », le gouvernement français a installé à Calais des containers pour emballer la marchandise, pardon pour loger les migrants.
À l’heure où ces lignes sont écrites, le gouvernement « socialiste » s’apprête à « évacuer » une partie de la « jungle » de Calais. Il faut comprendre qu’on va « mettre ailleurs » les habitants mais surtout qu’on va détruire ce que la population a pu construire pour rendre la vie un peu moins invivable : l’école du chemin des Dunes, une épicerie, des sanitaires. On va « disperser » les réfugiéEs dans la peur et la précarité. Cazeneuve, Valls et Hollande sont dans la droite ligne de Sarkozy qui avait fermé Sangatte.

Notre police n’a même pas besoin de l’état d’urgence pour agir. Elle possède déjà une solide expérience acquise contre les Rroms. Plusieurs « camps » ont été récemment démantelés : trois à Lyon (12 janvier) et celui des Poissonniers à Paris (3 février). Démantèlements pour le « bien » des résidentEs, ça va de soi. C’est-à-dire sans relogement dans la plupart des cas. En fait ces évacuations ont un seul but : rendre la vie invivable et cacher cette « lie de l’humanité » de notre vue.

Face à cette Europe forteresse qui imite les pires périodes de son histoire, nous réaffirmons la liberté absolue de circuler et de s’installer. Nous faisons nôtre l’appel de Calais qui se termine par :

« parce que nous serons plus forts demain pour nous battre ensemble contre les autres formes d’injustices et de misère,
nous demandons solennellement au gouvernement un large plan d’urgence pour sortir la jungle de Calais de l’indignité dans laquelle elle se trouve. »

Pierre Stambul (22 février) »

Pour les droits des mineurs

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Saisi par des habitant-e-s du bidonville, Médecins du Monde et le Secours catholique, le tribunal avait condamné en novembre l’État entre autres à recenser les mineur-e-s isolé-e-s présent-e-s dans le bidonville de Calais et à saisir l’Aide Sociale à l’Enfance pour qu’ils et elles obtiennent une protection (voir ici et ). L’État avait fait appel, le Conseil d’État avait confirmé le jugement de Lille. Et l’État n’avait pas appliqué la décision de justice.

Cinq mineurs, Médecins du Monde et le Secours catholique ont donc à nouveau saisi le tribunal administratif, entraînant la mise en place de mesures hâtives de l’État avant le jugement, pour éviter une condamnation.

http://www.la-croix.com/France/Immigration/La-justice-secours-mineurs-isoles-Calais-2016-02-12-1200739708

Alors que l’État veut détruire le bidonville, Amnesty International et la Défenseure des enfants, qui est depuis 2011 rattachée au Défenseur des Droits, sont venues à Calais se rendre compte de la situation. La Défenseure des Enfants aborde la situation des mineur-e-s sur place et les mesures à prendre pour leur accueil et leur protection. Amnesty International s’est concentré sur la regroupement familial des mineur-e-s et des personnes vulnérables, à Calais et à Grande-Synthe, ayant de la famille au Royaume-uni.

Voici le communiqué de presse de la Défenseure des Enfants :

http://www.defenseurdesdroits.fr/fr/presse/communiques-de-presse/la-defenseure-des-enfants-dresse-un-bilan-de-sa-visite-du-bidonville-de

« La Défenseure des enfants dresse un bilan de sa visite du bidonville de Calais

23 Février 2016
Mots clés : Calais

La Défenseure des enfants, Geneviève Avenard s’est rendue lundi 22 février à Calais, à la demande du Défenseur des droits, Jacques Toubon, pour établir un bilan sur la présence et la situation des enfants sur le bidonville, et le respect de leurs droits fondamentaux, à la veille d’une éventuelle évacuation.

Geneviève Avenard a rencontré le directeur du centre Jules Ferry géré par l’association La vie active, des responsables associatifs, des représentants de la préfecture et du Conseil départemental. A l’issue de cette visite, la Défenseure des enfants continue à être préoccupée par la situation actuelle des enfants et par les perspectives de leur future prise en charge.

Geneviève Avenard observe que les familles peuvent être mises à l’abri, soit au centre Jules Ferry d’hébergement femmes avec enfants, soit au centre d’accueil provisoire, Georges Brassens. Elle constate les efforts effectués pour organiser un espace d’accueil de jour pour les enfants. Elle déplore à ce stade que le droit à l’éducation de ces enfants soit loin d’être assuré, même s’il est fait état de projets impliquant l’Education nationale. Aujourd’hui, le seul accès à l’école repose sur la remarquable initiative associative de « l’école laïque du chemin des Dunes ».

S’agissant des enfants non accompagnés, selon le recensement effectué par France Terre d’Asile, communiqué par la Préfecture et le Conseil Départemental, sur les 326 mineurs isolés étrangers présents à Calais, un quart aurait moins de quinze ans, et le plus jeune, livré à lui-même, aurait 7 ans. Selon le représentant de la Vie active, opérateur du département au centre Jules Ferry, une quarantaine d’enfants non accompagnés seraient hébergés au centre d’accueil provisoire. Cependant la Défenseure des enfants observe qu’à ce jour ils ne bénéficieraient pas d’une prise en charge spécifique et sécurisée. Geneviève Avenard note également que selon les indications de la préfecture une quarantaine d’enfants auraient été dirigés dans différents centres d’accueil et d’orientation sans qu’aucune précision ait pu être apportée sur leur devenir.

D’après les informations recueillies sur place, environ 90 mineurs présents dans le camp de lande pourraient bénéficier du dispositif de regroupement familial en Grande-Bretagne où se trouverait un de leurs parents proches. Conformément au droit européen, les services de l’Etat doivent mettre en œuvre ce projet dans le respect des droits fondamentaux des enfants

Les associations ont à nouveau alerté la Défenseure des enfants sur les violences qui auraient été subies par les exilés, parmi lesquels plusieurs enfants non accompagnés.

La Défenseure des enfants prend note de la diversification des maraudes visant à entrer en contact avec les mineurs non accompagnés, mais observe qu’elles ne permettent pas de créer les conditions de confiance favorables à un accompagnement adapté de ces derniers.

A ce stade, le Défenseur des droits renouvelle avec insistance la recommandation formulée dans le rapport du 6 octobre 2015 par laquelle il demande l’ouverture immédiate d’un dispositif de mise à l’abri inconditionnelle sur le site à destination des enfants non accompagnés dont le seul projet de vie est actuellement de rejoindre la Grande-Bretagne. La résolution de cette situation est conditionnée par une indispensable coopération des acteurs, État, département et associations. »

Vous pouvez télécharger la déclaration d’Amnesty International suite à sa visite ici.

Participer à l’action sur twitter :

http://www.amnesty.fr/Calais

Et lire le communiqué de presse :

http://www.amnesty.be/je-veux-m-informer/actualites/article/calais-le-droit-au-regroupement-familial

« Calais—Le droit au regroupement familial

La France et le Royaume-Uni doivent de toute urgence identifier les personnes vivant dans les conditions déplorables des camps du Nord de la France dont des membres de leur famille se trouvent outre-Manche afin de permettre le regroupement familial, annonce Amnesty International après une mission récente à Calais et à Dunkerque.

Environ 6500 réfugiés et migrants vivent dans des camps de fortune misérables et chaotiques. Suite à une mission de trois jours, Amnesty International a pu déterminer qu’au au moins une partie de ces personnes, dont des mineurs accompagnés et non-accompagnés, des femmes seules exposées à la violence, à l’exploitation et à la traite, et des victimes de traumatismes, peuvent faire valoir de solides arguments juridiques, que ce soit du point de vue du droit européen ou de la réglementation britannique relative à l’immigration, et ce, en vue de rejoindre leurs familles au Royaume-Uni

« Les autorités françaises et britanniques ne cessent de marteler que personne ne doit passer la Manche. Cependant, notre recherche montre que de nombreux réfugiés et migrants ont le droit d’être réunis avec leur famille au Royaume-Uni, sans devoir essayer de monter sur des trains en mouvement » a déclaré Jean-François Dubost, responsable du programme Personnes déracinées à Amnesty International France.

Un Afghan de 15 ans qui vit dans le camp de Calais en attendant de se réunir avec sa grand-mère et son oncle au Royaume Uni explique : « je ne sais pas si [faire une demande d’asile en France] est possible pour moi. Mais, même si c’est possible de rester en France, je ne veux pas, je veux être avec ma famille. »

Les services d’information et d’aide juridique sont quasiment inexistants à Grande-Synthe, tandis qu’à Calais ils sont insuffisants. Par conséquent, la grande majorité des personnes vivant dans les camps ne sont pas au fait des droits dont elles pourraient bénéficier en France et des choix qui s’offrent à elles.

D’autres personnes ne peuvent profiter des voies d’accès légales car la charge de la preuve de leurs liens familiaux requise par les autorités britanniques et françaises est bien trop lourde, en particulier si les personnes ont dû fuir leur pays et n’ont pas accès à ces documents. Les personnes n’ont donc pas d’autre choix que de payer des trafiquants et de risquer leur vie en traversant la Manche de manière irrégulière, soit en montant dans des camions, soit en tentant la traversée à pieds à travers le tunnel soit en montant à bord de bateaux de fortune.

Une femme irakienne enceinte, vivant dans le camp de Grande-Synthe avec ses frères et sœurs, son mari et sa mère, indique : « Nous n’avons pas vu notre père depuis 7 ans. Nous lui parlons tous les jours. Il essaie de nous faire venir au Royaume-Uni. Un avocat a affirmé à notre père qu’il pouvait faire venir sa femme et ses enfants mineurs, mais personne d’autre. Mais, même cela, va apparemment prendre très longtemps. » Bien que la responsabilité principale d’assurer des conditions de vie correctes, un accès à des informations et à une aide juridiques, incombe aux autorités françaises, le gouvernement britannique ne peut s’affranchir de toute responsabilité.

Steve Symonds, Directeur du Programme Asile à Amnesty International Royaume-Uni a déclaré : «  Les règles en matière de rapprochement familial sont actuellement restreintes à la famille nucléaire, c’est-à-dire les compagnons et les enfants à charge, sauf pour les enfants non-accompagnés qui souhaitent rejoindre leur famille au Royaume Uni. Ces règles doivent être élargies pour inclure la famille au sens plus large. En procédant ainsi, le Royaume Uni partagerait la responsabilité avec la France et les autres pays européens, de la prise en charge de la crise des réfugiés. »

Amnesty International exhorte les deux États à garantir que les réfugiés et les migrants vivant dans les camps ont accès à un accompagnement juridique approprié pour que ceux qui ont des membres de leur famille au Royaume Uni puissent les rejoindre. »

 

Calais brûle : Liberté pour les migrants ! Calais is burning : Freedom for migrants !

 

 
 

Calais brûle : Liberté pour les migrants !

Ce lundi la police a commencé à détruire le camp de Calais. Nous, réfugiés à Paris, disons qu'il faut laisser les réfugiés décider par eux-mêmes et leur apporter des solutions.

Nous voulons que le gouvernement laisse les réfugiés à Calais, s'ils le veulent, aller en Angleterre. Si les réfugiés veulent rester à Paris pour obtenir l'asile ils devraient avoir leurs droits, ces choses qu'on nous a promises, un logement, des papiers et l'éducation.

Nous, réfugiés, sommes tous ensemble. Les réfugiés qui veulent aller en Angleterre et ceux ici.

Nous sommes désolés, nous n'aimons pas dire cela mais nous dormons dans les rues. Nous ne reculerons jamais sur nos droits.

Nous voulons être traités comme des êtres humains. Nous nous sentons mal parce que nous vivons dans les rues et les parcs. Nous sommes des êtres humains. Est-ce que quelqu'un peut le dire au gouvernement ?

Nous allons faire des manifestations pacifiques sur la situation des réfugiés à Calais.
Nous appelons tout le monde à venir avec nous pour soutenir les réfugiés à Calais et à Paris.

Rassemblement ce mardi 1er mars à 18H00 Place de la République.
Manifestation ce vendredi 4 mars à 18H00 à partir de la Gare du Nord.


English version

Calais is burning : Freedom for migrants !

This monday, the police began to destroy the camp of Calais. We, refugees in Paris, say that you should let the refugees to decide by themselves and give them some solutions.

We want the government to let the refugees in Calais, if they want, to go to UK. If they want to stay in Paris to make asylum, they should have their rights, the things that were promised to us, houses, papers and education.

We, refugees, are all together. The refugees that want to go to Britain and the ones, here. We are sorry, we don't like to tell it but we are sleeping in the streets. We will never move back from our rights.

We want to be treated like human beings. We are feeling badly because we are living in the sreets and parks. We are human beings. Can someone say it to the government ?

We are going to do peaceful protests about the situation of refugees in Calais.

We call everybody to come with us and support the migrants, in Calais and Paris :

Rally this tuesday 1st march in place de la République at 18.00.
Demonstrate on friday 4 march from Gare du Nord at 18.00.

Lien : http://paris.demosphere.eu/rv/45455
Source : message reçu le 29 février 23h
Source : liste de diffusion CIP-IDF, reçu le 29 février 23h
Source : message reçu sur la liste RESF-75 le 1 mars 00h
Source : liste AG-IdF, reçu le 29 février 23h


Calais. Violente répression contre les migrants de la jungle

NPA

Depuis ce matin, les forces de destruction du bidonville de Calais sont passés à l'action, avec leurs flics, leurs casseurs, leurs bulldozers, et leurs « maraudeurs recruteurs » sensés terroriser les migrantEs et les contraindre à accepter de rejoindre des centre d'hébergements d'urgence dispersés dans toute la France. La force la plus brutale, et l'éloignement physique des soutiens et associatifs oeuvrant sur le site ont été employés. Ce soir, la jungle est en feu, ses habitantEs copieusement noyéEs sous un déluge de lacrymogènes...C'est ça la politique « humaine » de Valls et Cazeneuve...

Cette décision applaudie par la droite et l'extrême droite est une déclaration de guerre à toutes celles et tous ceux qui en France se battent pour l'égalité des droits, contre le racisme et l'islamophobie. Le NPA appelle à se joindre et à impulser toutes les initiatives de riposte à cette infamie. Un rassemblement à l'appel des migrantEs se tiendra demain mardi 1er mars à 18h00 place de la République à Paris, un deuxième est organisé pour vendredi 4 mars à gare du Nord également à Paris. Le NPA sera présent à ces deux initiatives et appelle tous les antiracistes à prendre partout des initiatives, les plus larges possibles.

A bas la répression à Calais...Liberté de circulation et d'installation !

Source : http://www.revolutionpermanente.fr/Video-Cala...

Refugees take on struggles at major meeting in Germany

https://www.facebook.com/lampedusainhamburg

Hamburg conference is the first attempt by refugees in Europe to self-organise across borders and create solidarity.

aljazeera.com

http://cispm.org/index.php?option=com_content&view=article&id=128:international-conference-of-refugees-and-migrants-2016-26-28th-february-2016-at-hamburg-germany-conference-internationale-des-refugies-et-des-migrants-2016-du-26-au-28-fevrier-2016-a-hambourg-allemagne&catid=86&Itemid=435

Refugees take on struggles at major meeting in Germany

February 29, 2016 International News
Hamburg (Germany) – More than 1,000 refugees, migrants and activists met in Hamburg for a conference focusing on the challenges refugees face in Europe and on migration routes. The conference, which started Friday and ended yesterday, included discussions on European borders, changes to asylum legislation, and the interplay of racism and sexism in the public debate on refugees.
More than one million refugees and migrants arrived in the European Union during 2015, and the pace of arrivals dramatically increased in the first two months of this year.
As tension surrounding refugees and migrants rises at Europe’s borders and in its cities, the Hamburg conference – branded “The Struggles of Refugees – How to Go On?” – is the first major attempt by refugees in Europe to self-organise across borders and create solidarity for their common goals.
“We should give each other power,” Anas Aboura, an asylum seeker from Syria, said.
“As refugees, we must be united together in order to reach the aims we want to reach, to get equality, to get the right to stay, to get educated, to work, to have a normal life as we had before the wars in our countries started.”
 
Hamed Elfangeri, an asylum seeker from Sudan who lives in Hannover, said it was a good chance for refugees to speak about their struggles.
“We find that the problems for refugees in Germany, in Calais, in Italy are many times the same problems,” he said.
The conference was organised by a collaboration of several refugee groups, including Refugee Movement Berlin, Refugee Protest Camp Hannover, and Lampedusa in Hamburg.
The event was funded through the support of three German foundations as well as a crowd-funding campaign that raised 17,500 euros ($19,100).
During the three-day conference, a law clinic will provide asylum seekers and refugees with free legal counselling and a “Queer Island” will offer advice and support for lesbian, gay, bisexual, transsexual, and intersex refugees.
Creating connections between Germans and refugees is one of the main goals of the conference, according to Amelie Deuflhard from Kampnagel, the venue hosting the event.
“It’s all about dialogue between people who are living here and the people who are fleeing other countries and coming here as refugees,” Deuflhard said. – AFP
 

Journal « le Monde » sur la Conference des réfugiés 

( cette article est payant)  http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/02/29/a-hambourg-des-refugies-et-des-migrants-de-tous-pays-se-sont-reunis-pour-s-exprimer_4873373_3214.html )

A Hambourg, des réfugiés et des migrants de tous pays se sont réunis pour s’exprimer

LE MONDE | 29.02.2016 à 06h54 • Mis à jour le 29.02.2016 à 12h47 |

Par Frédéric Lemaître (Hambourg, Envoyé spécial)

Certains sont venus d’Italie, de France, de Grande-Bretagne, de Tunisie, de Pologne, du Danemark, de Belgique et, bien entendu, d’autres villes d’Allemagne. En tout, plus de 1 600 réfugiés et militants se sont retrouvés du 26 au 28 février, à Hambourg, pour participer à une « conférence internationale des réfugiés et des migrants », au moment où l’Europe ferme de plus en plus ses portes. Des Togolais, Camerounais, Maliens, Syriens, Afghans, Roms, Erythréens, Ghanéens, Irakiens… Souvent sans papiers, toujours sans argent, nombre d’entre eux ont pris le risque de franchir une ou plusieurs frontières pour s’exprimer et donner une autre image d’eux-mêmes que celle véhiculée par les discours politiques.A l’origine de cette rencontre : les « Lampedusa à Hambourg », des Africains qui, après être arrivés en Italie en 2011, ont fini par se retrouver dans ce port de la Baltique où ils ont déjà mené plusieurs actions sous le mot d’ordre : « Nous sommes ici pour rester. » Puissamment aidés par le théâtre de Kampnagel – un des quatre théâtres publics de Hambourg – qui a mis sa logistique à leur disposition, les « Lampedusa » ont réuni 70 000 euros (dont 24 000 apportés par la fondation Robert Bosch) pour payer le déplacement et les repas des participants. Côté hébergement : les 800 personnes qui ne venaient pas de Hambourg ont été, pour la plupart, logées chez des particuliers. Les débats en séance plénière (traduits en sept langues par des bénévoles) et les ateliers de travail furent plus consensuels qu’on aurait pu le penser.

Alors que dans les foyers, la cohabitation entre catholiques et musulmans ou entre Arabes et Africains n’est souvent pas facile, les participants ont su faire taire ces divergences. Tous portent deux revendications principales : la liberté de circulation et la liberté d’installation.

« Comment se fait-il que dans l’espace Schengen, nous n’ayons souvent pas le droit de sortir de la préfecture [en France] ou de l’Etat-région [en Allemagne] ? », observe Sisseko, un militant parisien de la Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM).

Lors de la conférence internationale des réfugiéset des migrants à Hambourg, des participants dessinent unebannière le 27 février 2016.

Née en 2011 à l’initiative de réfugiés en France et en Italie, la CISPM est désormais présente dans plusieurs pays européens et commence à être reconnue par les autorités européennes. Bien sûr, ces réfugiés sont les mieux placés pour savoir que leurs revendications ne sont pas vraiment dans l’air du temps. Patrick, membre italien de la CISPM, juge même qu’après la fermeture de la frontière autrichienne au col du Brenner, « il y a un autre Lampedusa en train de se constituer dans le nord-est du pays ».

L’égoïsme de l’Europe
Les réfugiés n’ont évidemment pas la même approche de la situation que les Occidentaux. « Moi, en 2008, il m’a fallu près d’un an pour passer de la Turquie à la Grèce. Maintenant, il suffit de quelques jours », se félicite Adam, un Africain qui vit à Berlin. Loin de s’en prendre aux passeurs, tous dénoncent l’agence Frontex, créée par l’Union européenne pour protéger les frontières, et s’en prennent à l’égoïsme de l’Europe. « C’est depuis la conférence de Berlin en 1885 que l’Afrique est dans une situation chaotique. Il faut réécrire une histoire de l’Allemagne et de l’Afrique et procéder à la réconciliation », juge Emmanuel, de la République démocratique du Congo, en référence à la réunion organisée par le chancelier Bismarck qui va favoriser le partage de l’Afrique entre les puissances coloniales. « On chasse les migrants mais dans le même temps, des entreprises européennes achètent nos terrains pour produire des denrées destinées à l’exportation. La population est sans terre », poursuit-il.

Mais migrer vaut-il vraiment le coup ? « Mourir en mer parce qu’on fuit la guerre, cela ne marche pas. J’essaie de dissuader les gens de venir. Il faut surtout se battre pour la démocratie dans nos pays », constate une Africaine immigrée à Londres. Pour tenter de limiter les naufrages en Méditerranée, « 120 militants répartis dans 14 pays ont créé en octobre 2014 Alarm Phone, un numéro d’urgence. Quand on nous appelle d’un bateau, on connaît immédiatement sa position et on alerte les secours. On a déjà reçu 5 000 appels », explique Mouni, un Tunisien.

Les problèmes commencent bien avant l’Europe. « Je suis venu en Europe tellement les Algériens et les Marocains sont racistes », témoigne Dao, un Malien, réfugié en Allemagne. « Au Maroc, on tue les migrants »,affirmeTrésor, un Camerounais. Partout, la situation ne peut que s’aggraver. « Vu les conflits au Moyen-Orient et les différences de revenus entre l’Afrique et l’Europe, la vague migratoire va se poursuivre », quelles que soient les mesures prises par l’Union européenne, juge Ali, un des organisateurs de la conférence. Signe qu’ils n’attendent rien des politiques, aucun n’a été invité à s’exprimer. Prochain rendez-vous : à l’automne, à Berlin.

 Frédéric Lemaître (Hambourg, Envoyé spécial)  journaliste

International Conference of Refugees and Migrants 2016 26-28th February 2016″ at Hamburg Germany./ Conférence internationale des réfugiés et des migrants 2016 du 26 au 28 février 2016 à Hambourg Allemagne.

http://refugeeconference.blogsport.eu/fr/

International Conference of Refugees and Migrants 2016 26-28th February 2016″ at Hamburg Germany./ Conférence internationale des réfugiés et des migrants 2016 du 26 au 28 février 2016 à Hambourg Allemagne.

International Conference of Refugees and Migrants 2016 The Struggles of Refugees – How to go on?!

Invitation à tous les militant-e-s des droits des réfugiés et des migrant-e-s:

http://refugeeconference.blogsport.eu/2015/12/27/invitation-a-tous-les-militant-e-s-des-droits-des-refugies-et-des-migrant-e-s/

International Conference of Refugees and Migrants 2016

 

Aufruf zur Beteiligung | Aufruf für Erfahrungen | Aufruf für Vorschläge
Aufruf zur Beteiligung | Aufruf für Erfahrungen | Aufruf für Vorschläge

INTERNATIONAL CONFERENCE OF REFUGEES AND MIGRANTS DIES IST EIN AUFRUF AN ALLE SELBST-ORGANISIERTEN GEFLÜCHTETEN UND ANDERE AKTIVIST*INNEN: SEID TEIL DES KONFERENZPROGRAMMS! BRINGT EURE IDEEN, PERSPEKTIVEN UND FÄHIGKEITEN EIN! SCHICKT UNS EURE VORSCHLÄGE! Geflüchtete, Migrant*innen, Unterstützer*innen und Aktivist*innen mit unterschiedlichen Hintergründen werden für drei Tage am Kampnagel Theater in Hamburg zusammenkommen und diskutieren, netzwerken und ihr […]

Call for Participation | Call for Experiences | Call for Proposals
Call for Participation | Call for Experiences | Call for Proposals

INTERNATIONAL CONFERENCE OF REFUGEES AND MIGRANTS THIS IS A CALL TO ALL SELF ORGANISED REFUGEES AND OTHER ACTIVISTS: BE PART OF THE CONFERENCE PROGRAM! CONTRIBUTE YOUR IDEAS, PERSPECTIVES AND SKILLS! SEND IN YOUR PROPOSALS! Refugees, migrants, supporters and activists with different backgrounds will gather for three days at Kampnagel Theater in Hamburg to discuss, network […]

Invito a tutte/i le/i militanti – per i diritti delle/i rifugiate/i e delle/gli immigrante/i
Invito a tutte/i le/i militanti - per i diritti delle/i rifugiate/i e delle/gli immigrante/i

La lotta delle/i rifugiate/i come prosegue? Fermate la guerra contro le/gli immigranti! Conferenza internazionale delle/i rifugiate/i e delle/gli immigrante/i 26. – 28.2.2016 Hamburg, kampnagel Nell´agosto del 2015 i rifugiati politicamente attivi a Berlino, ad Hannover e ad Amburgo hanno organizzato una conferenza nazionale in Hannover. Come risultato di questa cooperazione abbiamo il piacere di invitarvi […]

رسالة دعوة
رسالة دعوة
دعوت نامه
دعوت نامه
Invitation à tous les militant-e-s des droits des réfugiés et des migrant-e-s
Invitation à tous les militant-e-s des droits des réfugiés et des migrant-e-s

La lutte des Réfugiés. Comment va-t-elle se poursuivre? Arrêtez la guerre contre les migrant-e-s! En août 2015 des réfugiés politiquement engagés de Berlin, Hanovre et Hambourg ont organisé la première conférence nationale des réfugiés à Hanovre. Forts de cette expérience, nous avons le plaisir de vous inviter à la Conférence Internationale des Réfugiés et Migrant-e-s […]

Einladung an alle Aktivist*innen – für die Rechte von Geflüchteten und Migrant*innen
Einladung an alle Aktivist*innen – für die Rechte von Geflüchteten und Migrant*innen

Der Kampf der Geflüchteten. Wie geht es weiter? Stoppt den Krieg gegen Migrant*innen! Im August 2015 haben politisch aktive Geflüchtete aus Berlin, Hannover und Hamburg zusammen eine landesweite Refugee-Konferenz in Hannover organisiert. Auf dieser Zusammenarbeit wollen wir aufbauen und laden Euch hiermit herzlich zur Internationalen Konferenz von Geflüchteten und Migrant*innen vom 26. bis 28. Februar […]

Invitation to all activists – for the rights of refugees and migrants
Invitation to all activists - for the rights of refugees and migrants

The struggle of refugees. How to go on? Stop war on migrants! In August 2015 the politically active refugees from Berlin, Hannover and Hamburg together organized a nationwide Refugee Conference in Hannover.Building on this cooperation, we have the pleasure to invite you to the International Conference of Refugees and Migrants on 26-28th February 2016 in Hamburg. […]

Des migrants de Calais pourront rejoindre leur famille au Royaume-Uni

Des migrants de Calais pourront rejoindre leur famille au Royaume-Uni

Des migrants autorisés à rejoindre leur famille au Royaume-Uni — Calais

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/01/21/des-migrants-de-calais-pourront-rejoindre-leur-famille-au-royaume-uni_4851171_3214.html?xtmc=calais&xtcr=9

LE MONDE | 21.01.2016 à 11h24 | Par Philippe Bernard (Londres, correspondant)

 
Dans le camps de réfugiés à Grande-Synthe (Nord), le 20 janvier.

Des réfugiés végétant dans la « jungle » de Calais ont le droit d’être admis au Royaume-Uni pour demander l’asile, s’ils ont de la famille dans ce pays. Tel est le sens d’une décision rendue mercredi 20 janvier par le tribunal de l’immigration et de l’asile de Londres, qui pourrait faire jurisprudence et débloquer la situation de certains des étrangers qui tentent désespérément de traverser la Manche. Le jugement, qui allègue le non-fonctionnement des règles européennes sur l’asile, pourrait accroître la pression sur la frontière et gêner David Cameron, le premier ministre britannique, dans sa campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, lors du référendum attendu pour juin ou octobre.

Le tribunal spécialisé dans les questions migratoires était saisi par quatre jeunes demandeurs d’asile syriens, dont deux souffrent de stress post-traumatique. Mettant en avant les « intolérables » conditions de vie dans le camp de fortune de Calais et la présence de membres de leur...

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Des migrants autorisés à rejoindre leur famille au Royaume-Uni — Calais PDF Imprimer Envoyer

 

Jurisprudences
Lundi, 25 Janvier 2016 13:31
Camp des réfugiés à Calais nord de la France

 

C'est une décision qui pourrait faire jurisprudence et créer un appel d'air pour les mineurs isolés vivant dans la Jungle.

Un jugement qui redonne espoir aux réfugiés voulant rejoindre les côtes anglaises.

La Manche ferry
REUTERS Toby Melville De Calais à Londres un voyage périlleux

Les quatre réfugiés sont arrivés jeudi soir à la gare londonienne de St Pancras, où ils ont été accueillis par des membres de leur famille ainsi qu'une centaine de manifestants brandissant des bannières Refugees Welcome et des ballons jaunes. Mais le tribunal britannique a considéré qu'en raison des problèmes bureaucratiques français et qu'en vertu du droit des réfugiés à une vie de famille les quatre Syriens devaient être immédiatement transférés au Royaume-Uni et que leur demande d'asile y soit étudiée. "(...) Ils ont enduré de terribles souffrances lors de leur voyage, notamment à cause des passeurs, et ont connu le chaos et la misère dans la 'jungle' de Calais". "Il s'agit en fait d'une simple application de la convention Dublin 3 (qui régit les demandes d'asiles des étrangers extérieurs à l'Union Européenne pour tous les pays membres, ndlr)".

La réunification des familles est devenue possible après une décision favorable d'un tribunal britannique à ce sujet. Leur demande d'asile sera également étudiée dans ce pays.

"C'est une décision exceptionnelle qui fera sans doute jurisprudence ", explique Lou-Salomé Sorbin, avocate, qui travaille sur ce dossier depuis plusieurs mois avec sa consœur Marie-Charlotte Fabié, en partenariat avec les avocats britanniques concernés. C'est pour ça que la décision encourage le gouvernement anglais à prendre les devants pour ces mineurs qui ont de la famille en Grande-Bretagne, en les autorisant à passer la frontière, même s'ils n'ont pas fait de demande d'asile en France.

Il est certain que cela s'appliquera à d'autres, je dirais à tout mineur non accompagné dans ce camp ayant un membre de sa famille au Royaume-Uni, a estimé l'avocat des quatre Syriens, Michael Fordham. "Nous tenons au principe bien établi selon lequel ceux qui cherchent une protection doivent demander l'asile dans le premier pays qu'ils atteignent", a déclaré un porte-parole du ministère.

 

Suites de la manifestation à Calais contre les frontières

Suites de la manifestation à Calais contre les frontières

Publié le 15 janvier 2016 | Maj le 25 janvier: http://paris-luttes.info/suites-de-la-manifestation-a-4685?lang=fr

Dimanche 24 : la manif à Calais a réuni plusieurs milliers de personnes et a terminé sur une belle invasion du port et l’occupation d’un ferry. Un manifestant a été transféré à l’hôpital. Entre 31 et 35 personnes auraient été arrêtées (et 15 seraient en garde-à-vue d’après le ministère).

Lundi 25 : 8 personnes ont été déferrées au tribunal de Boulogne, 3 autres personnes en centre de rétention.

Lundi 25 janvier

00h
Point répression :
-* Huit personnes dont six migrants, ont été déferrées ce soir au Tribunal de Boulogne-sur-mer (ils passeront devant le procureur certainement, avec possibilité de comparution immédiate). Un rassemblement de solidarité est appelé pour 13h30 devant le tribunal.
-* Trois personnes d’origine italienne sont au centre de rétention de Lille, avec une OQTF (obligation de quitter le territoire français).
-* Quatre gardés-à-vue (avec des papiers français) ont été relâchés ce dimanche en début de soirée.

Des banderoles ont été accrochées dans la soirée à Paris, à La Chapelle et devant l’AFP. Un rassemblement avait également lieu à Marseille.

place de la Chapelle - 75.3 ko
place de la Chapelle
Devant l’AFP - 286.3 ko
Devant l’AFP

photos d’Alexis Kraland

Dimanche 24 janvier

11h30 : D’après les dernières infos de la nuit, le migrant évacué par les pompiers à proximité de la jungle aurait eu un infarctus suite à des coups de matraques (sur la tête ou la nuque), mais ne serait pas en danger. Pas de mort donc (ouf !).
D’après la presse locale, il y aurait entre 31 et 35 arrestations (dont 15 garde-à-vue d’après le ministère). Les charges retenues seraient "intrusion sur une zone sécurisée et intrusion sur le navire [pour certains]".
Un point info est prévu à Paris ce dimanche, 17h au métro La Chapelle, pour faire le point sur la manif et les arrestations.

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Samedi 23 janvier

20h 10 Des photos du corps inanimé circulent sur le web :

19h 30 : Au moins 9 soutiens et 2 migrants arrêtés. Un homme est resté au sol environ 20 minutes sans bouger et sans assistance autre que les flics. Les flics locaux parlent de "malaise cardiaque".

18h 30 : Migrants et soutiens occupent un ferry dans le port de Calais. On ne connait pas leur nombre. Il y aurait des arrestations mais la situation est très floue. Les flics ont fait un gros périmètre de sécurité autour du port.

17h 10 : Les migrants et des soutiens tentent de percer un barrage policier qui les empêchait de revenir à la jungle. Ils envahissent les quais d’embarquement des ferries. Gaz lacrymogènes de la part des flics

14h 40 : Au moins 4000 personnes sont présentes à Calais en solidarité avec les migrants. Ces derniers sont très remontés suite aux attaques des fascistes d’avant hier. L’ambiance reste toutefois très bonne.

14h : Près de 400 personnes sont montées de Paris en solidarité avec les migrants.

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D’abord un appel à faire tourner partout, puis quelques infos supplémentaires sur les sous-traitants qui construisent le camp de concentration situé dans la Jungle (photos à l’appui) suivi d’articles tirés de CMS sur l’activité des fachos...
Aussi, deux militants sur place se sont fait hacker leur ordinateur de la manière suivante : cryptage de dossier à distance et de fichiers importants, soit pour la lutte, soit pour leur vie professionnelle, avec demande de thunes à envoyer à une mystérieuse adresse qui finit par stopmigrations.net...
Aux dernières nouvelles, une large partie de la jungle risque de se faire expulser violemment d’ici peu. Les ami-es anglais ont publié un appel à soutien et à action.

EXPULSION A VENIR ET MANIFESTATIONS, APPEL A SOUTIEN

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Depuis octobre 2015, l’État construit un camp fermé à l’intérieur de la jungle existante, pour loger 1500 résidents. Le 5 janvier, la municipalité de Calais a annoncé qu’il ne tolèrerait seulement 2000 personnes vivant dans la jungle, et a commencé à forcer les gens à aller dans ce nouveau camp de conteneurs, à côté du camp Jules Ferry (également situé dans la jungle et accueillant 500 personnes). Ces camps contrôlés par l’État sont prévus pour les 2000 personnes « tolérées » par la municipalité de Calais.

La dernière fois qu’il y a eu 2000 personnes vivant dans les jungles à Calais c’était il y a quasi un an, en mars 2015. Depuis, les chiffres de la jungle ont constamment augmenté pour arriver entre 4000 et 6000 personnes, et tout le monde a été forcé de se rendre à un endroit : la jungle qui existe aujourd’hui.

En même temps que ce nouveau camp de conteneurs devait ouvrir, l’État a annoncé des mesures pour évacuer une grande partie de la jungle (1500 personnes). Depuis, le camp de conteneurs a ouvert et les gens ont commencé à s’y rendre lentement. L’État a l’intention qu’il soit plein à la fin du mois. Les gens qui ont été virés de la zone de construction du camp n’ont pas été les premiers à pouvoir s’y rendre.

En ce moment nous recevons beaucoup de questions à propos de quand les expulsions vont se produire ou commencer. Soyons clairs, elles ont déjà commencé ! Une date butoir a été donnée, et les gens doivent s’en aller avant le jeudi 14. A présent, une seconde date butoir a été communiquée, les résidents de la zone d’expulsion ont jusqu’au lundi 18. Une chose est claire, l’expulsion n’aura peut être pas lieu cette semaine, ni la semaine prochaine, mais elle aura lieu. La police de Calais a beaucoup d’expérience en matière d’expulsions et elle sait que la meilleure arme qu’elle a est la peur. La police sait que la tension est insupportable. Ça vous use de ne pas savoir quand un énorme bulldozer escorté par la police armée va arriver à votre porte. La municipalité de Calais sait aussi qu’un spectacle médiatique à grande échelle d’une expulsion va seulement profiter à ceux qui osent dire que l’État n’est pas une institution humanitaire ou de bienfaisance.

Ils voilent leurs menaces pour l’expulsion par la douceur de la compassion, ils commencent par offrir des espaces où dormir, limités dans un camp conçu pour piéger les gens et les priver de leur liberté. Ils continuent quand beaucoup de gens sont « relogés » dans d’autres villes ou quand la quotidienne violence policière et fasciste augmente de manière dramatique (pour plus d’infos sur les efforts temporaires de re-logement, voir ici). Ils ont continué quand l’Ofii et la police sont allés de tente en tente, faisant le compte à rebours des jours restants avant que les bulldozers ne viennent, s’assurant ainsi que les gens aient l’impression de n’avoir pas d’autre choix que de partir.

Harcelant psychologiquement et physiquement les gens pour qu’ils se fassent expulser, bien que peu veuillent partir, certains ont commencé à déménager dans d’autres parties de la jungle, ou même dans le camp de conteneurs. Peut-être que la « date butoir » va arriver et qu’il n’y aura pas de photos dramatiques, que les agences de presse manqueront leur part quotidienne de migrants battus et gazés mais le temps passe, et ça sera une expulsion, rien de moins.

Mais pourquoi expulser la jungle ? Il est crucial de se rappeler que la nouvelle jungle a été ouverte sur ordre de la municipalité de Calais en collaboration avec le gouvernement. Maintenant que le parti de Natacha Bouchart contrôle et la mairie et le conseil régional pour Calais, ils peuvent agir efficacement comme ils le veulent. Parfois cela vaut la peine de regarder en arrière, le dernier round de grosses expulsions était lent et interminable. Ils ont commencé en mars 2015 et ont continué jusqu’à la fermeture du squat de Galloo en juin 2015. Quand les expulsions des squats de la ville et de la jungle Tioxide ont commencé en mars, la police devait conduire tous les gens qui vivaient dans ces endroits en dehors de la ville dans une décharge, à côté d’une autoroute, avec peu ou pas d’infrastructures et la menace constante de la violence policière. A la place, ce qu’il s’est passé est que la jungle est partiellement devenue un espace indépendant où les gens, avec ou sans papiers, vivent ensemble pour étudier, jouer, construire, et organiser d’une manière anarchiste et autonome, manifestant et combattant pour une liberté que l’État aimerait détruire (oui, c’est aussi un espace violent, imprévisible, hiérarchique et dominateur, mais quelque part c’est intensément hiérarchique et égalitaire en même temps). La Jungle est devenue, d’une certaine manière, un bidonville auto-organisé où les gens réclament un peu de liberté dans l’ombre de la frontière. Cette liberté est une chose pour laquelle il est utile de se battre, et la chose que l’État ne peut pas empêcher !

En plus d’une autre expulsion interminable, quelques manifestations ont lieu en janvier.

16/01/2016 : Journée internationale d’action contre les frontières dans plusieurs villes. Des actions sont prévues à Londres, Douvres, Calais, Grand-Synthe (Dunkerque) et Bruxelles.

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Londre Gare de St Pancras ‘die-in’

Boulogne-Sur-Mer: Le procès des «no border» et des migrants reporté

JUSTICE Deux militants et six migrants comparaissaient, ce lundi au tribunal de Boulogne-sur-Mer, pour être montés clandestinement à bord d’un ferry à destination de la Grande-Bretagne…

Les avocats des prévenus, Arnaud Leroy et Emilie Leschaeve.Les avocats des prévenus, Arnaud Leroy et Emilie Leschaeve. - M.Libert/20 Minutes

Mikael Libert

« Deux poids, deux mesures ». Dimanche, en marge d’une manifestation pro migrants, 26 personnes ont été interpellées pour être montées à bord d’un ferry de la P & O au port de Calais. Huit d’entre elles, deux militants français et six migrants, étaient convoquées, ce lundi, pour une audience en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer. A la demande de toutes les parties, le procès a été reporté et, dans l’attente, les militants ont été laissés libres tandis que les migrants ont été placés en détention provisoire.

 Les six migrants, quatre Afghans, un Syrien et un Soudanais, comparaissaient pour « introduction frauduleuse à bord d’un navire en voie de faire un voyage au long cours ». Les deux militants français, eux, devaient répondre d’avoir « facilité l’embarquement de passagers clandestins ». Comme la loi le permet, tous ont demandé un délai pour pouvoir préparer leur défense, requête qui a été acceptée par le président du tribunal.

« Farouche envie de passer en Grande-Bretagne »

Il appartenait ensuite à la cour de statuer sur le sort des prévenus dans l’attente du procès, qui a été reporté au 22 février. Le procureur de la République, a requis le contrôle judiciaire pour les deux militants qui « sont Français, ont un domicile et donc de bonnes garanties de représentation ». Pour les migrants, le procureur a évoqué leur « farouche envie de passer en Grande-Bretagne » et l’absence de garanties suffisantes de représentation, malgré les logements mis à leur disposition par des militants.

Le tribunal a suivi à la lettre les réquisitions du parquet, en agrémentant toutefois le contrôle judiciaire des deux militants d’une interdiction de se rendre dans la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Distinguo entre migrants et militants

Maître Arnaud Leroy, avocat de trois des migrants, ne comprend pas ce « distinguo » entre les migrants et les militants alors « que les infractions sont quasiment identiques ». A demi-lots, l’avocat estime que cette décision est le fruit du contexte actuel, très tendu à Calais. L’autre avocate de la défense, maître Emilie Leschaeve, explique aussi que ses clients ne comprennent pas se retrouver à huit seulement devant le tribunal alors « que 26 personnes avaient été interpellées ».

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Calais : 8 personnes jugées lundi après leur intrusion dans un ferry

 

Calais : 8 personnes jugées lundi après leur intrusion dans un ferry

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/01/24/01016-20160124ARTFIG00176-calais-8-personnes-jugees-lundi-apres-leur-intrusion-dans-un-ferry.php
Des dizaines de migrants courent samedi en direction du ferry britannique.

VIDÉOS - Après une manifestation dans la ville portuaire, une cinquantaine de migrants et d'activistes altermondialistes sont parvenus samedi à monter dans un ferry à destination de l'Angleterre. Parmi la vingtaine de personnes interpellées, huit seront jugées lundi en comparution immédiate.

Six migrants et deux militants altermondialistes No Borders seront jugés lundi en comparution immédiate pour s'être introduits illégalement samedi soir sur un ferry, a annoncé le procureur de Boulogne-sur-Mer Jean-Pierre Valensi. Ces migrants, de nationalités afghane, soudanaise et érythréenne, ainsi que les deux militants français sont poursuivis pour «infraction au code des transports» et s'exposent à une amende de 3.750 euros et 6 mois de prison, a précisé le procureur lors d'une conférence de presse à Calais en présence de la préfète du Pas-de-Calais.

La maire de la ville, Natacha Bouchart, le député PS du Pas-de-Calais, Yann Capet, et le président de la région Xavier Bertrand seront reçus le 3 février par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et son homologue de la Justice Christiane Taubira. Dimanche, la maire de Calais, qui participait à une manifestation organisée par des commerçants et des professionnels du port, a estimé que «ce qu'il s'est passé hier (samedi) est un échec du gouvernement». «Dans le Calaisis, l'état d'urgence n'existe pas», a ajouté Mme Bouchart. Un peu plus tôt, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait affirmé la «détermination totale du gouvernement à assurer l'ordre public à Calais».

Le ministère a rappelé dans un communiqué le versement de 50 millions d'euros dans le cadre d'un «contrat territorial», ainsi que le renforcement des mesures de maintien de l'ordre, notamment à travers la mobilisation depuis plusieurs mois de 17 unités de forces mobiles (compagnies de CRS et escadrons de gendarmes mobiles). Le document évoque aussi les «importants travaux de sécurisation du tunnel et du port» depuis l'été dernier, ainsi que la mise en place de «solutions humanitaires» qui «ont permis de ramener le nombre de migrants présents à 4.000, contre 6.000 il y a quelques mois». Les services de Bernard Cazeneuve ont également souligné que le ministre de l'Intérieur s'était déjà rendu 7 fois à Calais depuis qu'il est en poste.

 

Les migrants évacués après trois heures de blocage

Samedi, le port de Calais a été bloqué pendant plus de trois heures après l'intrusion d'une cinquantaine de migrants sur un ferry, un événement exceptionnel consécutif à une manifestation locale en faveur de leur cause, rassemblant 2.000 personnes dont des manifestants de plusieurs pays européens. Plusieurs groupes d'individus ont forcé un barrage en fin d'après-midi pour monter à bord du Spirit of Britain, en provenance de Douvres et stationné dans le port. Vers 20h30, après plus de trois heures de blocage, les migrants ont été évacués par la police, qui a eu recours à une passerelle mobile pour faire la jonction avec le bateau. Selon la préfecture du Pas-de-Calais, 24 migrants ont été interpellés sur le ferry, et emmenés dans les locaux de la Police de l'air et des frontières (PAF) à Coquelles, près de Calais. Onze autres personnes, des militants de No Border d'après la même source, ont subi le même sort.